L'intelligence artificielle conversationnelle (ces outils comme ChatGPT ou Claude que nous utilisons de plus en plus) consomme énormément d'électricité. Chaque fois que vous posez une question à l'un de ces assistants, c'est l'équivalent de plusieurs minutes d'éclairage qui partent en fumée. À l'échelle de millions d'utilisateurs quotidiens, ça devient un vrai problème pour la planète.
La bonne nouvelle, c'est que tous les systèmes ne se valent pas. Selon le matériel utilisé pour faire tourner ces intelligences artificielles, la consommation peut varier du simple au décuple. Certaines puces spécialisées sont bien plus économes que d'autres. Le souci, c'est que les plus performantes appartiennent souvent à des géants américains comme Google, et ne sont pas accessibles en dehors de leurs propres services.
Pour les entreprises européennes qui veulent utiliser l'IA sans dépendre des États-Unis, notamment pour des raisons de confidentialité des données, les options sont limitées. Trois hébergeurs se démarquent : OVHcloud, Scaleway et Infomaniak. Ils proposent des services d'IA respectueux de la souveraineté européenne, avec des données qui restent sur le sol européen et ne sont pas soumises aux lois américaines.
Le revers de la médaille : ces trois acteurs dépendent quasi-exclusivement des puces NVIDIA, un fabricant américain qui domine le marché mondial. C'est mieux que rien, mais la vraie indépendance technologique européenne reste à construire.
En attendant, si vous devez utiliser l'IA, deux réflexes simples : ne l'utilisez que quand c'est vraiment utile, et privilégiez un hébergeur européen. C'est bon pour vos données, et un peu meilleur pour la planète.
Envie d'en savoir plus ?
Le problème énergétique de l'IA
Depuis l'arrivée de ChatGPT fin 2022, l'utilisation de l'intelligence artificielle a explosé. Ces systèmes, qu'on appelle "grands modèles de langage" (ou LLM pour faire court), sont capables de comprendre et générer du texte avec une fluidité impressionnante. Mais cette prouesse a un coût : une consommation électrique considérable.
Pour vous donner un ordre de grandeur : une seule question posée à un modèle comme GPT-4 consomme entre 0,3 et 4 wattheures d'électricité. Ça paraît peu, mais multipliez ça par les milliards de requêtes quotidiennes à l'échelle mondiale, et vous obtenez une facture énergétique (et donc carbone) qui commence à peser lourd.
Le premier réflexe : la sobriété
Avant même de parler de technologie, le geste le plus efficace reste le plus simple : n'utiliser l'IA que quand elle apporte une vraie valeur ajoutée. Beaucoup de tâches peuvent être accomplies par des méthodes classiques : une recherche dans une base de données, un algorithme simple, ou tout simplement une bonne organisation de l'information. L'IA n'est pas une baguette magique, et l'utiliser "parce qu'on peut" n'est pas une bonne raison.
Deuxième levier important : la taille du modèle. Un modèle de 7 milliards de paramètres consomme environ dix fois moins d'énergie qu'un modèle de 70 milliards. Pour beaucoup d'usages (résumer un texte, classer des documents, extraire des informations), un "petit" modèle suffit amplement. C'est comme utiliser une voiture citadine plutôt qu'un 4x4 pour faire ses courses : ça remplit la même fonction, avec bien moins de carburant.
Toutes les puces ne se valent pas
Une fois qu'on a décidé d'utiliser l'IA, le choix du matériel sur lequel elle tourne fait une vraie différence. Il existe plusieurs types de puces spécialisées : les GPU (les plus répandues, initialement conçues pour les jeux vidéo), les TPU (développées par Google), les NPU (optimisées pour les réseaux de neurones), et quelques architectures plus exotiques.
En termes d'efficacité énergétique, les écarts sont considérables. Les meilleures puces du marché (comme les TPU v6 de Google ou les NPU de Meta) peuvent générer entre 25 et 35 millions de "tokens" (l'unité de base du texte pour l'IA) par kilowattheure. Les GPU grand public tournent plutôt autour de 4 à 8 millions. C'est un écart d'un facteur 5 à 10, qui se répercute directement sur la facture énergétique.
Le problème, c'est que les puces les plus efficaces ne sont généralement pas disponibles au grand public. Google garde ses TPU pour ses propres services cloud. Meta utilise ses NPU en interne. Et les nouvelles générations de GPU NVIDIA, plus efficaces, mettent du temps à se déployer en Europe.
La question de la souveraineté
Au-delà de l'énergie, il y a un enjeu stratégique majeur : où sont hébergées vos données, et qui peut y accéder ? Les grands fournisseurs américains (Google, Amazon, Microsoft) sont soumis au CLOUD Act, une loi qui permet aux autorités américaines de réclamer l'accès aux données, même si elles sont stockées physiquement en Europe. Pour une entreprise manipulant des données sensibles, c'est problématique.
En Europe, trois hébergeurs proposent des services d'IA véritablement souverains : OVHcloud et Scaleway en France, Infomaniak en Suisse. Leurs serveurs sont situés en Europe, leurs capitaux sont européens, et ils ne sont pas soumis aux juridictions américaines. Ils proposent des API permettant d'utiliser des modèles d'IA open source (comme Llama de Meta ou Mistral) sans que vos données ne quittent le sol européen.
Le monopole NVIDIA
Reste une réalité inconfortable : ces trois hébergeurs européens dépendent presque exclusivement des puces NVIDIA pour faire tourner leurs services d'IA. NVIDIA détient environ 80% du marché mondial des accélérateurs IA. La récente acquisition de Groq, un concurrent prometteur qui développait une architecture alternative, renforce encore cette domination.
Pour l'instant, les GPU NVIDIA comme le H100 ou le H200 offrent un bon compromis entre performance, efficacité énergétique et disponibilité. Les nouvelles puces "Blackwell" promises pour 2025-2026 devraient améliorer encore l'efficacité. Mais l'Europe reste dépendante d'un fournisseur américain pour le matériel.
Ce qu'il faut retenir
Si vous devez utiliser l'IA, trois principes à garder en tête. D'abord, la sobriété : ne l'utilisez que quand c'est utile, et choisissez le plus petit modèle qui répond à votre besoin. Ensuite, le choix de l'infrastructure : privilégiez un hébergeur européen (OVHcloud, Scaleway, Infomaniak) pour garder le contrôle sur vos données. Enfin, la transparence : demandez à votre fournisseur quel matériel il utilise et quelle est la consommation de vos requêtes. Ce qui ne se mesure pas ne s'améliore pas.
Pour aller plus loin avec les détails techniques, les sources et la méthodologie :
📋 À propos de cet article
Data Players ne prétend pas être exhaustif dans cette analyse.
Cet article n'est ni une publication scientifique, ni un article de recherche :
il s'agit d'une synthèse à visée pédagogique et opérationnelle, basée sur des sources publiques
et notre expérience terrain.
✏️ Envie de contribuer ? Si vous souhaitez enrichir cet article (corrections, ajouts, nouvelles sources...),
n'hésitez pas à nous écrire à contact@data-players.com.
Licence CC BY-SA 4.0 : partage et adaptation autorisés avec crédit et même licence.
Comprendre le défi énergétique
L'IA et sa consommation
L'essor fulgurant des Large Language Models (LLM) transforme nos usages numériques.
Ces modèles, qui alimentent les assistants conversationnels, les outils de génération de contenu
et les agents IA, représentent cependant un défi majeur :
leur consommation énergétique.
Une requête à un LLM de type GPT-4 ou Claude consomme en moyenne entre 0,3 et 4 Wh[1],
soit l'équivalent de plusieurs minutes d'éclairage LED. À l'échelle mondiale, avec des millions
de requêtes quotidiennes, l'empreinte carbone devient considérable.
🌍 Chez Data Players, nous pensons que la transition numérique ne peut se faire
au détriment de la transition écologique. C'est pourquoi nous avons analysé
en profondeur les différentes architectures matérielles pour optimiser l'efficacité
énergétique de nos solutions IA.
🎯 Cadre d'analyse : l'inférence
Cet article se concentre sur la phase d'inférence des LLM (l'utilisation
des modèles pour répondre à des requêtes) et non sur leur entraînement.
Ces deux phases ont des profils énergétiques très différents :
l'entraînement est ponctuel mais extrêmement intensif (des semaines de calcul sur des milliers de GPU),
tandis que l'inférence est continue et représente la majorité de la consommation énergétique
sur le cycle de vie d'un modèle déployé. C'est sur l'inférence que vous avez le plus de leviers d'action.
« Less IA is Best IA » : la sobriété d'abord
Avant de parler d'optimisation, rappelons un principe fondamental que nous appliquons chez Data Players :
la meilleure énergie est celle qu'on ne consomme pas.
🚫
Ne pas utiliser d'IA quand ce n'est pas nécessaire
Beaucoup de tâches peuvent être accomplies par des algorithmes classiques,
des requêtes de bases de données, ou simplement une bonne organisation de l'information.
L'IA n'est pas une solution universelle.
📏
Utiliser la plus petite IA possible
Un modèle de 7 milliards de paramètres consomme environ 10 fois moins d'énergie[2]
qu'un modèle de 70 milliards. Pour de nombreux cas d'usage (classification, extraction,
résumé simple), un petit modèle suffit amplement.
👤
Garder l'humain dans la boucle
Certaines décisions ne doivent pas être déléguées à une machine. L'IA doit
assister l'humain, pas le remplacer. Cela réduit les erreurs coûteuses
et les requêtes inutiles de vérification.
Quand l'IA répond à un vrai besoin
Une fois le principe de sobriété appliqué, certains cas d'usage justifient pleinement
le recours à un LLM :
📚
Portails de connaissances
Rendre accessible en langage naturel une documentation technique volumineuse
💎
Valorisation de données
Extraire des insights de bases de données complexes et hétérogènes
🔄
Automatisation intelligente
Traiter des tâches répétitives nécessitant une compréhension du contexte
✍️
Génération de contenu
Produire des rapports, synthèses et documents structurés à partir de données
Dans ces cas, l'enjeu devient : comment minimiser l'impact énergétique
tout en maximisant la valeur apportée ?
Les architectures de puces
L'efficacité énergétique d'un LLM dépend fortement du matériel sur lequel
il s'exécute. Contrairement aux idées reçues, tous les accélérateurs ne se valent pas.
Pour comprendre ces différences, il faut s'intéresser à leur architecture interne :
type de mémoire, paradigme de calcul et approche de la parallélisation.
🧠 Comprendre les enjeux architecturaux
L'inférence LLM est un problème de bande passante mémoire avant d'être un problème de calcul.
À chaque token généré, le modèle doit charger des milliards de paramètres depuis la mémoire.
C'est pourquoi les architectures diffèrent principalement sur trois axes :
Type de mémoire : HBM (haute capacité, haute bande passante) vs SRAM (ultra-rapide mais limitée) vs GDDR (économique)
Parallélisation : massive (GPU) vs optimisée pour tenseurs (TPU) vs séquentielle déterministe (LPU)
GPU (Graphics Processing Unit)
Les GPU utilisent un paradigme SIMD/SIMT (Single Instruction, Multiple Threads)
avec des milliers d'ALUs pour le calcul parallèle massif. Conçus à l'origine pour le rendu graphique,
ils se sont imposés dans l'IA grâce à leur flexibilité. NVIDIA domine le marché avec l'écosystème CUDA,
mais AMD propose une alternative crédible avec ROCm.
Mémoire : HBM (High Bandwidth Memory) externe, haute capacité (80-192 GB)
mais latence plus élevée. Bande passante de 3 à 5,3 TB/s selon les modèles.
Caches SRAM sur puce (~100s MB) pour les données fréquemment accédées.
Forces : Excellents pour l'entraînement et l'inférence en batch.
Très flexibles (tout type de modèle). Écosystèmes matures (CUDA/cuDNN, ROCm).
Interconnexions haute bande passante (NVLink, Infinity Fabric) pour clusters multi-GPU.
Limites : Consommation élevée (400-1000W). L'accès mémoire externe crée un goulot
d'étranglement pour l'inférence token par token (autorégressif).
NVIDIA
Le H100 atteint 1,4×1012 FLOPs/J[3] en FP16 (80GB HBM3).
Le H200 double la bande passante mémoire (HBM3e 141GB), améliorant le throughput sur grands modèles.
La génération Blackwell (B100/B200, 192GB) améliore l'efficacité de ~1,8×.
Écosystème CUDA dominant, interconnexion NVLink.
AMD
Les Instinct MI300X offrent 192GB HBM3 avec 5,3 TB/s de bande passante, plus que le H100.
Efficacité ~1,3×1012 FLOPs/J[10], légèrement inférieure à NVIDIA.
Architecture chiplet innovante. Écosystème ROCm en progression, interconnexion Infinity Fabric.
Bon rapport performance/prix.
TPU (Tensor Processing Unit)
Développés par Google, les TPU utilisent des systolic arrays, des grilles
de cellules MAC (Multiply-Accumulate) où les données « coulent » de manière synchronisée.
Cette architecture est optimisée pour les multiplications matricielles au cœur des transformers.
Mémoire : Architecture hybride avec SRAM abondante sur puce (faible latence)
+ HBM pour la capacité. Bande passante effective >1 TB/s optimisée pour les opérations matricielles.
Forces : Très efficaces pour les opérations tensorielles.
Interconnexions propriétaires permettant des pods de milliers de puces.
Le TPU v4 offre 2,7× en performance/watt vs v3[4].
Limites : Exclusifs à Google Cloud. Optimisés pour TensorFlow/JAX.
Moins flexibles pour les workloads non-IA.
NPU (Neural Processing Unit)
Les NPU sont des ASIC dédiés à l'inférence avec des pipelines neuronaux spécialisés.
Ils supportent nativement les calculs quantifiés (INT8/INT4), réduisant drastiquement
la consommation énergétique par rapport aux formats flottants.
Mémoire : Principalement SRAM sur puce (ultra-rapide, basse consommation).
Peu ou pas de HBM/GDDR externe. Bande passante ~100s GB/s, optimisée pour l'efficacité énergétique.
Forces : Excellente efficacité énergétique (performance/watt).
Le Meta MTIA atteint 2,1×1012 FLOPs/J[3].
Idéaux pour l'inférence edge et embarquée.
Limites : Capacité mémoire limitée (petits modèles uniquement pour les NPU edge).
Les NPU datacenter comme MTIA sont réservés à un usage interne (Meta).
Intel Gaudi
Intel propose les accélérateurs Gaudi 3[11] (ex-Habana Labs),
une architecture NPU orientée datacenter avec un bon rapport performance/prix.
Mémoire : 128GB HBM2e par puce. Architecture multi-puce (8 par serveur = 1TB total).
Forces : Disponible via AWS (instances dl2q). Rapport performance/prix compétitif.
Limites : Efficacité ~0,5×1012 FLOPs/J, moins efficace que NVIDIA.
Écosystème plus restreint.
LPU (Language Processing Unit)
L'architecture Groq adopte un paradigme dataflow radicalement différent :
au lieu d'exécuter des threads en parallèle, les données « coulent » à travers des pipelines
déterministes. Le compilateur orchestre tout statiquement, éliminant les aléas d'exécution.
Mémoire : 100% SRAM sur puce (~230 MB par puce), aucune dépendance
à la HBM externe. Bande passante interne effective >80 TB/s grâce à l'absence d'accès mémoire externe.
Forces : Latence ultra-faible pour la génération token par token.
Vitesse d'inférence record (800-1300 tokens/s sur petits modèles).
Consommation 1 à 3 J/token[5] sur petits modèles.
Limites : SRAM limitée = modèles distribués sur de nombreuses puces pour les 70B+,
ce qui fait chuter l'efficacité. Inadapté à l'entraînement. GroqCloud exclusif.
Racheté par NVIDIA fin 2025.
RDU (Reconfigurable Dataflow Unit)
SambaNova propose une architecture dataflow reconfigurable qui combine
les avantages du dataflow (efficacité mémoire) avec une certaine flexibilité de reconfiguration.
Mémoire : Architecture orientée SRAM sur puce avec hiérarchie optimisée.
64GB HBM par puce (SN40L). Détails techniques limités (pas de datasheet publique).
Forces : Bon compromis entre efficacité et flexibilité.
Disponible via OVHcloud AI Endpoints en Europe.
Limites : Peu de données publiques sur l'efficacité énergétique réelle.
Écosystème propriétaire.
WSE (Wafer-Scale Engine)
Cerebras adopte une approche radicalement différente avec son WSE-3 (Wafer-Scale Engine),
une puce monolithique de 46 255 mm² — un wafer silicium complet de 300 mm,
soit environ 56× la taille d'un H100. Cette architecture « wafer-scale »
intègre calcul et mémoire sur une seule pièce de silicium[21].
Mémoire : 44 GB SRAM directement intégrée sur le wafer,
distribuée entre les 900 000 cœurs IA. Aucune HBM externe : bande passante interne de 21 PB/s,
éliminant les goulots d'étranglement mémoire typiques des GPU.
Mémoire externe MemoryX optionnelle jusqu'à 1,2 PB pour les très grands modèles[22].
Forces : Performance record en inférence : 2 100 tokens/s sur Llama 70B[23],
16× plus rapide que les GPU optimisés. Efficacité compute théorique élevée :
125 petaFLOPs pour ~23 kW système, soit ~5,4×1012 FLOPs/J.
Latence ultra-faible (170-240 ms time-to-first-token).
Limites : Système complet de 23 kW (pas une simple puce).
Exclusif à Cerebras Cloud (capitaux américains, CLOUD Act).
Coût d'infrastructure très élevé. Rendement de fabrication défiant :
nécessite une redondance de cœurs pour compenser les défauts inévitables sur un wafer entier.
📊 Tableau comparatif des architectures
Architecture
Paradigme
Mémoire
Bande passante
Cas d'usage idéal
GPU
SIMD/SIMT
HBM externe
3-5 TB/s
Entraînement, inférence batch
TPU
Systolic array
SRAM + HBM
>1 TB/s
Grands modèles cloud-scale
NPU
Pipelines neuronaux
SRAM on-chip
~100s GB/s
Edge, basse consommation
LPU
Dataflow déterministe
SRAM uniquement
>80 TB/s interne
Inférence ultra-rapide (petits modèles)
RDU
Dataflow reconfigurable
SRAM + HBM
N/D
Inférence flexible
WSE
Wafer-scale monolithique
SRAM on-wafer (44 GB)
21 PB/s
Inférence ultra-rapide, très grands modèles
Comparatif d'efficacité énergétique
En croisant les spécifications constructeurs avec les mesures empiriques[8],
nous avons établi un comparatif détaillé des performances. La méthodologie de calcul est disponible
en annexe.
📋 Sources des données
OfficielDatasheet constructeur
MesuréBenchmark indépendant publié
ExtrapoléCalculé à partir d'autres données
🇪🇺 Disponibilité en Europe souveraine
✅DisponibleDéployé chez OVH, Scaleway ou Infomaniak
🌐BientôtSorti mais pas encore disponible en UE souveraine
🔒ExclusifUsage interne ou cloud propriétaire (Google, Groq...)
Trier par efficacité sur :
#
Architecture
Paramètres
Modèle max
Résultat (tokens/kWh)
Type
Modèle
Entreprise
Année
Dispo. 🇪🇺
TDP (W)
FLOPs/J (×10¹²)
1 puce
Nb puces → max
7-13B ↓
70B+
1
TPU
v6 Trillium
Google
2024
🔒
~230
~4,0
~13B
×256 → ~4000B
25-35M
18-28M
2
NPU
MTIA v2
Meta
2024
🔒
200-400
2,1
~30-65B
×? → 405B+
18-30M
12-25M
3
TPU
v5p
Google
2023
🔒
~250
~1,5
~40B
×8960 → Illimité
15-28M
10-20M
4
GPU
B200 Blackwell
NVIDIA
2025
🌐
1000
2,25
~90B
×8 → ~750B
12-18M
10-18M
5
GPU
B100 Blackwell
NVIDIA
2025
🌐
700
2,57
~90B
×8 → ~750B
14-20M
8-16M
6
GPU
H200 Hopper
NVIDIA
2024
✅
700
2,83
~70B
×8 → ~560B
10-18M
7-17M
7
GPU
H100 SXM Hopper
NVIDIA
2022
✅
700
2,83
~35B
×8 → ~320B
10-18M
5-12M
8
GPU
MI300X Instinct
AMD
2023
✅
750
1,74
~90B
×8 → ~750B
8-14M
6-11M
9
RDU
SN40L
SambaNova
2023
✅
N/D
N/D
~30B
×8 → ~256B
N/D
N/D
10
NPU
Gaudi 3 Habana
Intel
2024
🌐
~450
0,51
~60B
×8 → ~512B
6-11M
3-7M
11
GPU
L40S Ada Lovelace
NVIDIA
2023
✅
350
1,03
~20B
×8 → ~160B
7-13M
4-8M
12
GPU
L4 Ada Lovelace
NVIDIA
2023
✅
72
3,36
~10B
×4 → ~40B
8-16M
-
13
GPU
T4 Turing
NVIDIA
2018
✅
70
0,93
~7B
×4 → ~28B
5-11M
-
14
LPU
TSP Tensor Streaming
Groq → NVIDIA
2020
🔒
~300
0,63
Distribué
×576 → Illimité
5-12M
1-4M
15
WSE
WSE-3 Wafer-Scale
Cerebras
2024
🔒
23 000
~5,4
~750B
-
~0,3M
~0,3M
16
GPU
A100 SXM Ampere
NVIDIA
2020
✅
400
0,78
~35B
×8 → ~320B
4-8M
2-5M
Notes :
Les tokens/kWh sont calculés en conditions réelles : MFU=40%, PUE=1,2 (voir méthodologie)
Survolez les valeurs pour voir les détails de la source et la méthodologie de calcul
💡 Enseignement clé
Comparaison des dernières générations de chaque fabricant :
📊 Petits modèles (7-13B)
Le TPU v6 Trillium (Google) domine avec 25-35M tokens/kWh,
suivi du NPU MTIA v2 (Meta) (18-30M), puis du GPU B200 Blackwell (NVIDIA) (12-18M).
Le GPU MI300X (AMD) reste en retrait (8-14M), tandis que le LPU TSP (Groq)
affiche des performances correctes (5-12M).
📊 Grands modèles (70B+)
Le TPU v6 Trillium (Google) conserve son avance (18-28M),
mais le GPU B200 Blackwell (NVIDIA) se rapproche significativement (10-18M),
au coude-à-coude avec le NPU MTIA v2 (Meta) (12-25M).
Le GPU MI300X (AMD) offre un bon compromis (6-11M) avec l'avantage de 192GB de mémoire.
À noter : le LPU TSP (Groq) s'effondre (1-4M) à cause du sharding massif nécessaire.
🇪🇺 Souveraineté européenne
Pour déployer une IA souveraine en Europe sur des infrastructures détenues par des capitaux européens,
les GPU NVIDIA restent aujourd'hui la principale option disponible,
en attendant l'arrivée des GPU Blackwell (NVIDIA) qui amélioreront sensiblement l'efficacité énergétique.
À surveiller : le GPU MI300X (AMD) et le NPU Gaudi 3 (Intel) arrivent
sur le marché européen et pourraient constituer des alternatives compétitives en performance énergétique,
notamment sur les grands modèles.
⚡ Cas particulier : Cerebras WSE-3
L'architecture wafer-scale de Cerebras (WSE-3) affiche une efficacité compute théorique record
(~5,4×1012 FLOPs/J) et des performances en latence inégalées (2 100+ tokens/s).
Les ~0,3M tokens/kWh reflètent un mode optimisé latence[23].
Cerebras Cloud reste une entreprise américaine soumise au CLOUD Act,
malgré des déploiements prévus en France fin 2025[24].
⚖️ Au-delà de l'efficacité énergétique
Attention : L'efficacité énergétique (tokens/kWh) n'est qu'un critère parmi d'autres
pour évaluer une architecture de puce ou une solution d'inférence. Selon votre cas d'usage, d'autres paramètres peuvent être
tout aussi déterminants :
📊 Métriques d'inférence
⚡
Latence (TTFT)
Temps jusqu'au premier token (Time To First Token), critique pour les applications interactives. Cible : <450ms (contexte court), <6s (128K tokens)
🚀
Throughput et TPOT
Tokens/seconde et temps par token (Time Per Output Token). Cible : 20-50ms/token pour une génération fluide sous charge
📏
Fenêtre de contexte
Capacité mémoire pour gérer de longs documents (128K-1M+ tokens). Impact direct sur la qualité des réponses RAG
🧠
Gestion du KV cache
Efficacité mémoire pendant l'inférence. Les optimisations (quantisation, compression) permettent des contextes plus longs sans explosion mémoire
🏢 Efficacité du datacenter
🔌
PUE (Power Usage Effectiveness)
Ratio énergie totale / énergie IT. Un PUE de 1,2 signifie 20% d'overhead. Les meilleurs datacenters atteignent ~1,1 (Google), la moyenne est ~1,5-1,8
💧
WUE (Water Usage Effectiveness)
Litres d'eau par kWh IT (refroidissement évaporatif). Cible : <0,2 L/kWh. Critique dans les régions en stress hydrique
🌱
Empreinte globale
Fabrication des puces, métaux rares, recyclabilité, réemploi de matériel, mix énergétique du datacenter : l'énergie à l'usage n'est qu'une partie de l'équation
🔧 Écosystème et intégrations
📝
Gestion du contexte
Optimisation des prompts, intégration RAG, injection de skills et de connaissances métier. Impact majeur sur la qualité des réponses et le coût par requête
🛠️
Tools : MCP et function calling
Protocoles d'appel d'outils (Model Context Protocol, function calling). Overhead de latence à évaluer pour les workflows complexes
🤖 Architectures agentiques
🔗
Protocoles A2A
Communication agent-to-agent (Google A2A). Partage de contexte en temps réel, APIs standardisées et graphes de connaissances partagés
🎯
Orchestration et spécialisation
Agents d'orchestration hiérarchiques vs modèles généralistes. Les architectures 2025 favorisent des agents spécialisés coordonnés plutôt qu'un modèle monolithique
📈
Scaling distribué auto-géré
Architectures cloud-native avec auto-scaling. Résilience et adaptation à la charge via événements et modules spécialisés
📝 À venir : Ces aspects pourraient faire l'objet d'articles dédiés.
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Choisir son infrastructure
Hébergeurs souverains en Europe
Au-delà de l'efficacité énergétique, la question de la souveraineté des données
est cruciale. Les fournisseurs américains (Google, AWS, Azure) sont soumis au
CLOUD Act, ce qui peut poser problème pour certains usages sensibles.
Voici les options disponibles pour un hébergement 100% européen,
non soumis aux lois extraterritoriales américaines. Nous distinguons trois catégories :
🔌 API LLM managée
Ces services offrent une API d'inférence serverless avec un catalogue
de modèles open source au choix (Llama, Mistral, Qwen, etc.), pas de GPU à gérer.
Ces fournisseurs proposent de la location de temps GPU pour déployer
vos propres modèles open source. Vous gérez l'infrastructure et le déploiement.
Fournisseur
Architecture
Localisation
OVHcloud
GPU H100, H200, MI300X RDU SN40L
🇫🇷 France
Scaleway
GPU H100, L4, MI300X (à venir)
🇫🇷 France
3DS Outscale
GPU V100, A100
🇫🇷 France
IONOS Cloud
GPU NVIDIA (gamme datacenter)
🇩🇪 Allemagne
Infomaniak
GPU A100, L40S, L4, T4
🇨🇭 Suisse
Hetzner
GPU NVIDIA (bare metal)
🇩🇪 Allemagne / 🇫🇮 Finlande
🚫 Fournisseurs écartés
Ces fournisseurs ne répondent pas aux critères de souveraineté européenne ou présentent
des limitations pour un usage professionnel :
Fournisseur
Raison de l'exclusion
Détail
Hugging Face
🇺🇸 Capitaux américains
Siège à New York, soumis au CLOUD Act malgré fondateurs français
Mistral AI
🔒 Modèle exclusif
API limitée aux modèles Mistral propriétaires, pas de catalogue open source au choix
Aleph Alpha
🔒 Modèle exclusif
API Luminous uniquement, pas de modèles open source tiers (Llama, Qwen...)
Nebius
🇷🇺 Capitaux russes
Ex-Yandex, siège aux Pays-Bas mais origine russe, non souverain UE
Together AI
🇺🇸 Capitaux américains
Expansion européenne prévue mais entreprise US (CLOUD Act)
Groq / GroqCloud
🇺🇸 Capitaux américains
Entreprise US, rachetée par NVIDIA fin 2025
Cerebras Cloud
🇺🇸 Capitaux américains
Entreprise US (Californie), technologie WSE exclusive. Datacenters en déploiement en Europe (France Q4 2025) mais capitaux et gouvernance US
Google (Vertex AI)
🇺🇸 CLOUD Act + rétention données
Même hébergé en UE, soumis aux lois US. Données potentiellement utilisées pour entraînement
AWS Bedrock
🇺🇸 CLOUD Act + rétention données
European Sovereign Cloud prévu mais reste entreprise US
Azure OpenAI
🇺🇸 CLOUD Act + rétention données
Microsoft reste soumis aux juridictions américaines
⚠️ Attention à la rétention de données : Certains fournisseurs (notamment les hyperscalers US)
peuvent utiliser vos requêtes pour améliorer leurs modèles. Vérifiez toujours les conditions
de service concernant la rétention et l'utilisation des données à des fins d'entraînement.
📝 Note sur Intel Gaudi : Les accélérateurs Intel Gaudi 3 sont principalement
disponibles via AWS (instances dl2q), ce qui les soumet au CLOUD Act.
Pour une alternative européenne, surveiller les annonces d'OVHcloud et Scaleway.
Auto-hébergement : une option à considérer avec prudence
Une question revient souvent : pourquoi ne pas héberger ses propres modèles LLM open source
sur ses propres serveurs ? Cette option est techniquement possible, mais elle présente
des contraintes importantes à bien évaluer.
Limitations matérielles pour l'auto-hébergement
La principale contrainte est la mémoire GPU (VRAM). En règle générale,
comptez environ 2× le nombre de paramètres en Go pour la VRAM nécessaire en FP16,
plus 20% de marge pour l'inférence. Le tableau ci-dessous résume les exigences :
Taille du modèle
VRAM minimum
GPU exemples
Coût indicatif
7B (Mistral 7B, Qwen 7B...)
12-16 Go
RTX 4060/4070, RTX 3060
400-1 500 €
13B (Llama 2 13B...)
26-32 Go
RTX A6000, A100 40 Go
5 000-15 000 €
70B (Llama 3 70B...)
80-168 Go
Multi-GPU A100/H100
30 000-100 000 €+
Note : La quantisation (4-8 bits) peut diviser les besoins VRAM par 2 à 4,
au prix d'une légère dégradation de la qualité. Un modèle 70B quantifié peut ainsi tourner sur ~40 Go.
⚠️ Conclusion : L'auto-hébergement est accessible pour les petits modèles (7-13B)
sur du matériel grand public ou professionnel. En revanche, héberger un modèle 70B+ nécessite
des moyens conséquents (multi-GPU haute gamme, serveurs spécialisés, expertise technique).
Pourquoi la plupart des acteurs externalisent
Contrairement aux idées reçues, la majorité des entreprises utilisant l'IA n'opèrent pas
leurs propres datacenters. Seules les très grandes entreprises technologiques (Google, Microsoft,
Meta, Amazon) disposent d'infrastructures propriétaires massives, avec des investissements de l'ordre
de 360 milliards de dollars en 2025 pour ces quatre acteurs réunis.
Pour les autres, l'externalisation vers des spécialistes s'impose pour plusieurs raisons :
🔧
Complexité technique
Refroidissement haute densité, PUE optimisé, alimentation redondante, sécurité physique 24/7
💧
Gestion des ressources
Alimentation électrique, consommation d'eau pour le refroidissement, bande passante réseau, expertise maintenance GPU
💰
Investissements massifs
Construction, exploitation, renouvellement matériel : des millions d'euros avant la première requête
👨💻
Pénurie de talents
Les experts en infrastructure IA sont rares ; les spécialistes disposent déjà des équipes
Gérer un datacenter ne s'improvise pas. Il est généralement plus rentable
(et plus écologique) de déléguer à des spécialistes qui mutualisent les ressources
et optimisent l'efficacité énergétique à grande échelle.
Et le secteur public ?
Pour les projets de recherche publique ou les services publics,
plusieurs options existent selon le besoin.
🎓 Pour l'entraînement et la recherche : Les supercalculateurs nationaux
gérés par GENCI sont adaptés. Jean Zay (IDRIS/CNRS, Saclay) dispose de
1 456 GPU H100, 416 A100 et 1 832 V100 (125,9 pétaflops). D'autres centres comme le
TGCC (CEA) ou le CINES (Montpellier) complètent l'offre.
L'accès se fait via les appels à projets GENCI (procédure DARI).
Cependant, pour l'inférence de services publics en production (chatbots administratifs,
assistants aux agents, traitement de documents…), ces supercalculateurs ne sont généralement pas
la meilleure option : ils sont conçus pour des calculs intensifs ponctuels, pas pour servir
des requêtes en continu 24/7.
🇫🇷 Pour l'inférence dans le service public : Albert
L'État français a développé Albert,
une plateforme d'IA générative 100% souveraine portée par la DINUM et Etalab.
Elle propose une API d'inférence mutualisée hébergée sur infrastructure SecNumCloud,
avec des modèles open source et des fonctionnalités RAG intégrées.
Déjà utilisée par +25 administrations (maisons France Services, douanes, gendarmerie,
fiscalité…), Albert est accessible gratuitement aux agents publics et collectivités.
Pour les administrations, c'est souvent la première option à considérer avant
de se tourner vers des hébergeurs cloud privés.
Pour les besoins non couverts par Albert ou les acteurs hors administration, les hébergeurs
cloud souverains présentés plus haut (OVHcloud, Scaleway, Infomaniak) restent une excellente
alternative : API managées avec facturation à l'usage, disponibilité garantie, et souveraineté européenne.
Acquisition de Groq par NVIDIA
Fin décembre 2025, NVIDIA a officialisé un
« accord de licence non exclusif » avec Groq[16].
Derrière cette formulation se cache en réalité une acquisition déguisée,
destinée à contourner les autorités de la concurrence.
🔍 Pourquoi les "10× moins d'énergie" promis ne se vérifient pas ?
Groq annonçait une consommation divisée par 10[20] par rapport aux GPU, mais les données publiques et les calculs détaillés dans cet article[5] montrent des performances plus nuancées : 5-12M tokens/kWh sur petits modèles, comparable aux GPU H100 (10-18M), et seulement 1-4M tokens/kWh sur grands modèles (70B+), soit moins efficace que les GPU actuels. Trois raisons expliquent cet écart :
Latence ≠ Efficacité : Groq optimise la vitesse (tokens/seconde), pas l'énergie par token
Benchmark daté : Cette annonce comparait aux GPU de l'époque, pas aux H100/H200 actuels
SRAM limitée : 230 MB de mémoire = efficace sur petits modèles, mais sharding massif sur 70B+ qui fait exploser la consommation
Ce que cet accord change
💰
20 milliards $
Versés par NVIDIA (vs. 6,9 Md$ de valorisation en sept. 2024)
👥
90% des employés
Rejoignent NVIDIA, dont le fondateur Jonathan Ross
🔧
Technologie intégrée
Architecture LPU intégrée à l'écosystème « AI Factory » NVIDIA
☁️
GroqCloud ?
Groq cherche déjà à céder ses actifs cloud (Wall Street Journal)
Est-ce un bon choix ?
✅ Pour NVIDIA
Élimination d'un concurrent prometteur
Acquisition de talents clés (Ross = co-concepteur du premier TPU Google)
Technologie complémentaire pour l'inférence temps réel
Contrer les TPU Ironwood de Google, conçus pour « l'ère de l'inférence »
Architecture innovante : Le LPU repose sur une conception radicalement différente (SRAM partagée on-chip, ~80 TB/s de bande passante interne) qui excelle en latence et en tokens/seconde. Des technologies que NVIDIA pourrait intégrer à ses futures générations
❌ Pour la souveraineté numérique
Concentration accrue : NVIDIA renforce son quasi-monopole (~80% du marché IA)
CLOUD Act : Le LPU n'est plus une alternative indépendante américaine
Pérennité incertaine : L'avenir de GroqCloud est compromis
Moins de diversité : Réduction du choix pour les utilisateurs européens
Conséquences pour une IA frugale et souveraine
💡 Notre analyse : Cette acquisition illustre la concentration croissante
du marché de l'IA autour de quelques acteurs américains. Pour les organisations européennes
soucieuses de souveraineté, une architecture efficace ne suffit pas :
elle doit pouvoir être déployée sur des datacenters souverains
pour garantir le contrôle sur les données.
Conclusion
Le premier réflexe reste la frugalité. « Less IA is Best IA » : avant de chercher
la puce la plus efficace, interrogez-vous sur la pertinence même du recours à l'intelligence artificielle.
Un algorithme classique, une requête bien pensée ou simplement une meilleure organisation de l'information
suffisent souvent. Et quand l'IA se justifie, privilégiez le plus petit modèle adapté à votre besoin :
un modèle de 7 milliards de paramètres consomme environ dix fois moins d'énergie qu'un modèle de 70 milliards.
Ensuite, renseignez-vous sur le matériel utilisé. Toutes les architectures ne se valent pas.
Demandez à votre fournisseur quel type de puce exécute vos requêtes : TPU, GPU (et quelle génération ?), NPU, LPU ?
Notre comparatif révèle des écarts considérables, de 1 à 10 fois en efficacité selon l'architecture choisie.
Les TPU v6 Trillium de Google et les NPU de Meta dominent aujourd'hui, suivis des GPU Blackwell de NVIDIA.
Mais attention : les puces les plus efficaces ne sont pas toujours disponibles sur des infrastructures souveraines européennes.
Ce qui nous amène au choix du fournisseur. Pour une IA véritablement souveraine,
privilégiez des datacenters à capitaux européens, soumis à la juridiction européenne et non au CLOUD Act américain.
OVHcloud, Scaleway ou Infomaniak proposent aujourd'hui des GPU efficaces (H100, H200, MI300X)
et des API managées avec des modèles open source. Ce compromis entre efficacité énergétique et souveraineté
des données est au cœur d'une démarche responsable.
Enfin, mesurez votre consommation. Ce qui ne se mesure pas ne s'améliore pas.
La méthodologie détaillée dans cet article vous permet d'estimer l'empreinte
de vos usages. Demandez à vos fournisseurs des métriques concrètes : tokens/kWh, joules par token,
ou au minimum le nombre de tokens consommés. Cette transparence est le premier pas vers une amélioration continue.
Pour conclure, une IA responsable repose sur trois piliers indissociables :
la sobriété d'usage, le choix éclairé de vos fournisseurs et du matériel,
et la transparence sur votre consommation.
Une agence IA responsable à vos côtés
En tant que SCIC engagée dans la transition écologique, nous appliquons
ces principes dans tous nos projets d'agents IA.
L'intelligence artificielle peut être un formidable levier de valorisation des données
et d'automatisation intelligente, à condition de s'inscrire dans une démarche
responsable.
♻️
Frugalité par conception
Plus petit modèle adapté au besoin, ~10× moins d'énergie[2]
🇪🇺
Souveraineté européenne
Datacenters européens, modèles open source, contrôle total sur vos données
🌱
Énergies renouvelables
Datacenters alimentés en énergies renouvelables, PUE < 1,2
📊
Mesure et transparence
Estimations de consommation basées sur la méthodologie de cet article
🌍 Notre conviction
Chez Data Players, nous croyons qu'il est possible de développer des solutions IA
performantes, souveraines et respectueuses de l'environnement.
[1]Epoch AI - "Energy Use of AI Models" (2024).
Estimation ChatGPT/GPT-4o : ~0,3 Wh par requête typique. Pour des modèles frontier-scale (>200B paramètres),
l'énergie médiane par requête peut atteindre 4,32 Wh.
epochai.org
[2]Kaplan et al. (OpenAI) - "Scaling Laws for Neural Language Models" (2020).
Pour un transformer decoder-only, le coût en forward pass ≈ 2N FLOPs par token, où N = nombre de paramètres.
Conséquence : un modèle 7B consomme ~10× moins qu'un 70B (proportionnel au nombre de paramètres).
arXiv:2001.08361
[3]Epoch AI - "Machine Learning Hardware Database" (2024).
H100 : 1,4×1012 FLOPs/s/W en FP16 tensor core.
Meta MTIA : jusqu'à 2,1×1012 FLOPs/s/W.
epochai.org/data/ml-hardware
[4]Google Cloud Documentation - "Cloud TPU system architecture".
TPU v4 : 2,7× amélioration en performance/watt par rapport au TPU v3, consommation ~200W par puce.
cloud.google.com/tpu/docs
[6]Adam Casson - "Transformer Math 101" (2023).
MFU (Model FLOPs Utilization) typique : 10-65%, moyenne ~40% en production.
Overhead attention/embeddings : ~20% en plus des 2N FLOPs de base.
blog.eleuther.ai
[7]ecologits.ai - "Environmental impact of AI".
PUE (Power Usage Effectiveness) typique pour hyperscalers : 1,1-1,3, valeur moyenne ~1,2.
ecologits.ai
[9]Analyses tierces (Medium, benchmarks indépendants).
TPU v4 : 1,2-1,7× meilleur en performance/watt que A100.
Le A100 étant moins efficace que le H100, le TPU v4 est comparable aux meilleurs GPU récents.
[10]AMD Instinct MI300X Datasheet (2024).
Spécifications : 750W TDP, 1307 TFLOPs FP16, 192GB HBM3 (5,3 TB/s).
Calcul FLOPs/J : 1307 / 0,75 ≈ 1,74×1012 TFLOPs/kW, soit ~1,3×1012 FLOPs/J effectifs
après prise en compte de l'overhead mémoire.
amd.com/instinct/mi300x
[11]Intel Gaudi 3 Specifications (2024).
Spécifications : ~450W TDP par puce, 1835 TFLOPs BF16 (système 8 puces), 128GB HBM2e par puce.
Performance par puce : ~230 TFLOPs → 0,51×1012 FLOPs/J.
Disponible sur AWS (instances dl2q).
intel.com/gaudi
[12]Google Cloud TPU v6e (Trillium) Documentation (2024).
Spécifications officielles : 918 TFLOPs BF16 par puce, 32 Go HBM, bande passante 1600 Gbit/s.
TDP non publié officiellement ; estimé ~230W basé sur le ratio performance/efficacité vs TPU v5e (~200W).
FLOPs/J calculé : 918 TFLOPs / ~230W ≈ 4,0×1012 FLOPs/J.
cloud.google.com/tpu/docs/v6e
[13]NVIDIA H200 Datasheet (2024).
Spécifications : 700W TDP (identique H100), 141GB HBM3e (vs 80GB), bande passante 4,8 TB/s (vs 3,35 TB/s).
Efficacité compute identique au H100 (1,4×1012 FLOPs/J), mais jusqu'à 1,9× meilleur throughput
sur grands modèles grâce à la mémoire accrue.
nvidia.com/h200
[15]SambaNova RDU (SN40L) - Données insuffisantes (2024).
⚠️ Aucune source publique ne permet de déterminer les tokens/kWh pour cette architecture. Problème : SambaNova ne publie pas de datasheet technique officielle incluant TDP, TFLOPs, ou consommation énergétique par token. Mémoire : 64 GB HBM (seule donnée mentionnée dans les communications SambaNova). TDP :Non disponible. FLOPs/J :Non disponible. tokens/kWh :Non disponible, impossible à calculer sans TDP ni J/token mesuré. Conclusion : Les valeurs du RDU sont marquées N/D car aucune source fiable ne permet leur calcul.
sambanova.ai
[16]Cafétech / Le Monde Informatique / L'Usine Digitale - "En s'emparant de Groq, Nvidia accélère dans les puces dédiées à l'inférence" (6 janvier 2026). Faits : Accord de licence non exclusif officialisé fin décembre 2025. NVIDIA verse 20 Md$ (vs. valorisation 6,9 Md$ en sept. 2024).
~90% des employés rejoignent NVIDIA, dont Jonathan Ross (fondateur, co-concepteur du premier TPU Google) et Sunny Madra (président). Architecture LPU : Groq promettait une vitesse d'exécution 10× plus élevée et une consommation d'énergie divisée par 10 pour l'inférence.
NVIDIA prévoit d'intégrer l'architecture Groq à sa gamme "AI Factory". GroqCloud : Groq cherche à céder ses actifs cloud (Wall Street Journal). L'entreprise affirme continuer « de manière indépendante » mais avec un nouveau CEO (Simon Edwards).
cafetech.fr,
groq.com (communiqué officiel)
[18]Infomaniak Sovereign Cloud - Infrastructure GPU (2024-2025). Hardware documenté : Instances GPU avec NVIDIA L4, T4, A2, mais aussi A100 et L40S
explicitement mentionnés comme « souvent utilisés pour opérer des modèles IA de pointe ». Capacité : Modèles jusqu'à 235B (ex: Qwen3-VL-235B-A22B-Instruct) via multi-GPU avec device_map automatique.
swissnews.co.uk,
news.infomaniak.com
[19]NVIDIA L40S Datasheet (2023).
Spécifications : 350W TDP, 48GB GDDR6 avec ECC, 362 TFLOPs FP16 (avec sparsity 2:4), architecture Ada Lovelace.
Conçu pour l'inférence IA et la visualisation en datacenter. Pas de NVLink natif (PCIe Gen4 x16).
Multi-GPU possible via PCIe jusqu'à 8 cartes pour des modèles ~160B.
nvidia.com/l40s
[20]Groq - Communiqué officiel (avril 2024).
"The current generation LPU is 10x more energy-efficient than the most energy-efficient GPU available today."
Cette annonce, reprise dans le white paper "GroqThoughts Power Paper", compare l'efficacité architecturale
(coût mémoire SRAM vs HBM) mais pas les performances réelles en tokens/kWh sur grands modèles.
groq.com/newsroom,
GroqThoughts Power Paper (PDF)
[21]Cerebras WSE-3 Specifications (2024). Wafer-Scale Engine 3 : 46 255 mm² (wafer silicium complet 300 mm), 4 000 milliards de transistors,
900 000 cœurs IA, process 5 nm TSMC. Performances peak : 125 petaFLOPs (FP16/BF16).
Soit 56× la surface d'un H100 (814 mm²). Bande passante : 21 PB/s interne (mesh 2D on-wafer), 27 PB/s aggregate fabric.
cerebras.ai/chip,
arXiv:2503.11698
[22]Cerebras CS-3 System Datasheet (2024). Système CS-3 : 15-16U form factor, 23 kW peak power (système complet, refroidissement liquide inclus).
44 GB SRAM on-wafer distribués entre les 900 000 cœurs. Configurations mémoire MemoryX : 1,5 TB (min), 12 TB, ou 1,2 PB (max).
Capacité modèle par CS-3 : ~750B (config 1,5 TB) à 24T paramètres (config 1,2 PB).
Cluster jusqu'à 2048 CS-3. Efficacité compute : 125 PF / 23 kW ≈ 5,4 petaFLOPs/kW, soit ~2,2× meilleur que DGX B200 (36 PF / 14,3 kW).
cerebras.ai/system,
cerebras.ai/blog/cs3
[23]Cerebras Inference Benchmarks (2024-2025). Llama 3.1 70B :2 100 tokens/s throughput (octobre 2024), vérifié par Artificial Analysis.
16× plus rapide que les GPU optimisés. Llama 8B : ~1 800 tokens/s.
Time-to-first-token : 170-240 ms. Calcul tokens/kWh : 2 100 tok/s × 3 600 s ÷ 23 kW = ~329 000 tokens/kWh ≈ 0,3M.
Ces benchmarks mesurent un mode « latence optimisée » (per-user, vitesse maximale par requête),
pas le throughput système maximal en mode batché. L'efficacité énergétique en production multi-utilisateurs
serait supérieure mais n'est pas documentée publiquement.
cerebras.ai/blog,
communiqué presse
[24]Cerebras Cloud Availability (2025). Datacenters actuels : Santa Clara, Stockton (Californie), Dallas (Texas).
Déploiements 2025 : Minneapolis (Q2), Oklahoma City (juin), Montreal (Q3), Europe/France (Q4). Partenariats : Mistral AI (France), HuggingFace, Perplexity, AlphaSense.
Cluster en expansion à l'Université d'Édimbourg (UK) pour recherche. Souveraineté : Malgré des déploiements européens, Cerebras reste une entreprise américaine
(siège Californie) soumise au CLOUD Act.
communiqué expansion,
Edinburgh expansion
🔬 Méthodologie de calcul détaillée
Pour comparer équitablement les architectures, nous utilisons une méthodologie basée sur
les publications scientifiques et les spécifications constructeurs.
Formule 1 : Coût en calcul par token
Pour un transformer decoder-only, le nombre d'opérations (FLOPs) par token est[2] :
FLOPs/token ≈ 2 × N
Où N = nombre de paramètres. Avec ~20% d'overhead pour l'attention et les embeddings[6] :
Ce résultat théorique (10M tokens/kWh pour H100 + 70B) est cohérent avec les mesures
expérimentales du LLM Hardware Survey[8] qui rapporte 0,527-3,155 tokens/J
sur GPU en batch 8, soit 1,9M-11,4M tokens/kWh après conversion
(tokens/J × 3 600 000).